« La conception de l’Europe actuelle ne marche pas » (J.P. Chevènement – émission « Les matins de France Culture du 11/11/14)

Posté par mrc22 le 21 décembre 2014

Jean-Pierre Chevènement était l’invité des Matins de France Culture, mardi 11 novembre 2014. Il répondait aux questions de Marc Voinchet.

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Verbatim express :

11 novembre

  • Le premier mort pour la France en 1914 est tombé sur le territoire de Belfort : c’était le caporal Peugeot. Il a trouvé la mort la veille du jour où l’Allemagne a déclaré la guerre à la France. Cela illustre la différence d’état d’esprit entre les deux armées. L’armée française avait reçu l’ordre de reculer à 10 kilomètres de la frontière, pour qu’on ne puisse pas dire que l’offensive vienne de la France. L’armée allemande effectuait une reconnaissance à cheval, apparemment sans trop de précautions, et finalement ça a tourné à la fusillade.
  • Belfort a moins souffert qu’on ne le dit en 1914-1918, car Belfort avait résisté en 1870-1871. Les Allemands en avaient gardé un très mauvais souvenir, et n’ont pas cherché à pénétrer par là.

 

Affaire Fillon/Jouyet

  • Je suis affligé, mais je ne suis plus socialiste depuis longtemps.
  • C’est une affaire subalterne. Fillon et Jouyet déjeunent ensemble. Personne n’a enregistré le déjeuner. A ma connaissance, ce déjeuner n’avait pas du tout pour objet les affaires dont on parle, mais des démarches que François Fillon voulait entreprendre à la Commission de Bruxelles.
  • Il y a peut-être une trop grande promiscuité aujourd’hui entre les politiques et la presse. Il y a un proverbe qui dit : « Il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre ». Aujourd’hui, il n’y a plus que des valets de chambre en France. Nous savons tout. Les hommes politiques sont placés sous un régime de vidéo-surveillance. De Gaulle disait que l’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement.

 

Sur le niveau de la classe politique aujourd’hui

  • Le système médiatique a beaucoup évolué. Je pense que cela explique l’essentiel. Les hommes politiques sont dans la communication. Ils préparent leur petit « coup » du lendemain, plutôt que de s’occuper de préparer l’avenir, ce qui implique qu’on lise, qu’on travaille, qu’on étudie les dossiers…
  • J’entends dire qu’il y a des hommes politiques qui ne lisent plus du tout ! Moi je lis un ou deux livres par semaine. Je l’ai toujours fait, même quand j’étais ministre !
  • J’ai connu des grands ténors de la Quatrième République. Je vais citer des gens qui étaient vraiment très supérieurs : Edgar Faure, Pierre Mendès France, François Mitterrand, je les ai tous connus personnellement. C’était des gens qui avaient une culture littéraire, beaucoup d’esprit, une grande classe, une rigueur, une déontologie. Vous pouvez relire aujourd’hui ce qu’ils écrivaient, c’est quand même d’une autre tenue que ce qui se fait aujourd’hui, et même depuis longtemps. Je me souviens que François Mitterrand disait de Jacques Chirac : « Il parle comme une machine à écrire ». C’était au début des années 1970.

 

Présidence de la République, République et Europe

  • François Hollande a absolument besoin de parler aux Français, en leur donnant le sentiment de fixer un cap. Vous me direz, il le fait : la compétitivité. Et je l’approuve, c’est nécessaire. Mais tout cela n’est peut-être pas intégré à une vision roborative de l’avenir pour les Français, c’est à dire qu’ils ne voient pas le bout du tunnel. Et pourquoi ne voient-ils pas le bout du tunnel ? Parce que la monnaie unique juxtapose des économies hétérogènes, les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent toujours plus, et nous sommes accablés par des dispositions d’un traité, le TSCG, qui veut que nous réduisions très rapidement notre déficit budgétaire. Heureusement, il y a une certaine baisse de l’euro actuellement, mais on voit que toute cette affaire-là a été mal calibrée.
  • Pour moi qui ai combattu la monnaie unique, dès le traité de Maastricht, je vois malheureusement aujourd’hui les résultats de ce qui était prévisible hier.
  • J’ai été partisan de l’instauration du quinquennat. Je le regrette, parce que cela a contribué à enlever au Président de la République cet empattement large qui devait être le sien dans l’esprit de de Gaulle.
  • De Gaulle avait défini le Président de la Ve République comme devant être l’homme de la nation. Par conséquent, il ne pouvait pas être l’homme d’un parti. Or nous sommes revenus à un régime de parti : ce sont les partis qui comptent. Le général de Gaulle s’est trompé lui aussi, par l’instauration de l’élection du Président de la République au suffrage universel : il a favorisé la bipolarisation de la vie politique française. Les hommes politiques ne font pas toujours ce qu’ils veulent…
  • Je pense qu’on attend de François Hollande qu’il soit l’homme au dessus de tout le monde, au dessus de la droite, au dessus de la gauche, qu’il parle aux Français de la France, et du rôle de la France dans une Europe qui a beaucoup changé. Car il y a un malaise aujourd’hui, qui tient à ce que les Français ne voient plus très clairement ce que pourrait être le rôle de la France dans l’Europe de demain.

 

Une conversion républicaine pour s’opposer au néolibéralisme

  • Je n’emploie jamais le mot de social-patriotisme. J’emploie le mot de patriotisme républicain. J’y suis venu très naturellement.
  • Les diverses forces de gauche qui espéraient transformer la société se sont heurtées à l’émergence du néolibéralisme : Thatcher, Reagan, et en France, le tournant de 1983. Ce virage – qui conduit à l’accrochage du franc à une monnaie surévaluée, le mark, avant la monnaie unique – augure l’Acte unique, qui est le véritable acte de dérégulation à l’échelle de l’Europe continentale et même au-delà. L’Acte unique donnera un pouvoir immense à la Commission européenne pour prendre des directives de libéralisation, par exemple en matière de mouvements de capitaux (1er janvier 1990). Tout ce que l’on entend sur les directives services, les travailleurs détachés… procèdent de l’Acte unique ! L’Acte unique est le môle auquel s’accroche la Commission européenne pour libéraliser à tout crin.
  • Un historien américain, Rawi Abdelal, a montré que ce sont les Français qui sont les concepteurs de la mondialisation financière globale. C’est Jacques Delors à la tête de la Commission européenne, son bras droit Pascal Lamy (qui sera ensuite directeur de l’OMC), Henri Chavranski qui, à la direction de l’OCDE, fait adopter par tous les pays membres en 1989 les mêmes règles qu’en Europe (la liberté totale de circulation des capitaux), au FMI Michel Camdessus esseyera d’en faire autant… Autrement dit, les Français jouent un rôle totalement sous-estimé dans ce ralliement.
  • La réaction qui a été la mienne, et celle du CERES, a été de prôner une conversion républicaine de la gauche, et non pas libérale. Je crée « République moderne » en 1983, et l’évolution du CERES en « République et socialisme » se fait à peu près à ce moment là.
  • Le néolibéralisme a duré longtemps : sa crise n’intervient qu’en 2007-2008. Nous avons le mérite, analogue à celui des Poilus de 1914, d’avoir tenu bon dans cette longue période, pour dire : « Non, vous faites fausse route ! »
  • Il faut avoir une vision globale. Par exemple, j’ai toujours été contre l’accrochage du franc au mark, monnaie surévaluée pour nous, puis à l’euro, qui aboutit à ce phénomène de polarisation de la richesse dans les pays d’Europe du nord, et du sous-développement ou du mal-développement, dans les pays d’Europe du sud, avec un chômage de masse. Cette conception de l’Europe ne marche pas. Il faut avancer une autre conception de l’Europe : une Europe européenne.
  • L’euro a été une monnaie très mal pensée : elle comporte un vice originel, parce qu’elle juxtapose des pays aux économies très hétérogènes.
  • Je ne suis pas contre l’idée d’un resserrement de la solidarité entre les peuples européens, à condition que cela se fasse sur des bases intelligentes, admissibles, progressistes, et par conséquent, je suis pour une Europe européenne, qui se définisse par elle-même, alliée aux USA mais pas vassale, une Europe de progrès qui libère les capacités de croissance qui sont en elle, au lieu qu’elle les bride comme c’est le cas aujourd’hui.
  • Je suis pour que l’euro devienne une monnaie commune – et non plus unique – à tous les peuples européens qui le veulent, dont le taux sera quand même moins élevé sur la longue durée que celui de la monnaie unique, et surtout qui comporte des subdivisions nationales permettant des ajustements, parce que je crois que pour trouver la compétitivité souhaitable de notre économie, la déflation et la dévaluation interne à laquelle on procède, ne sont pas de bonnes méthodes. Pas efficace, trop douloureux, pas admissible même !
  • Le Front National a été encouragé via l’abandon du thème de la nation. La politique économique menée depuis 1983 a aussi creusé le sillon du Front National.
  • Ce qui manque à la République, c’est une dimension de projet, d’ambition. Il faut se fixer un but qui soit la lune ! Des programmes très ambitieux, mais avec des étapes.
  • Pierre Mendès France a montré qu’on pouvait venir au pouvoir et faire une politique de gauche. A la Libération, le programme du CNR était un programme très à gauche.

 

La gauche peut-elle mourir, comme le dit Manuel Valls ?

  • Manuel Valls a été un très bon ministre de l’Intérieur. Mais la République c’est aussi dans l’ordre économique et social : mettre en œuvre une stratégie de réindustrialisation du pays, faire reculer le chômage, préserver le modèle social européen, phare pour l’humanité tout entière.
  • Je ne suis pas d’accord avec l’idée que la gauche serait finie. A l’ère du capitalisme financier mondialisé, de la spéculation reine, où on voit éclater les inégalités comme l’a montré le livre de Piketty, il y a place pour une gauche qui pense mondial, mais qui s’appuie sur les nations, parce que la mondialisation n’implique pas la négation des nations, comme le prétend l’idéologie libéral-libertaire !
  • J’ai eu le privilège d’être un acteur de la refondation du Parti Socialiste, il y a maintenant plus de 40 ans, et en même temps j’ai été le témoin de ses retournements. Cela explique ma combativité.
  • Le personnel politique reflète l’état de la société. On a souvent dit que les citoyens ont le pouvoir qu’il mérite. Il faudrait qu’on s’interroge collectivement sur l’absence d’avenir, de projet, dont les hommes politiques ne peuvent pas être tenus, tous, pour responsables. Il y a quand même certains hommes politiques qui proposent une dimension de projet, qui en même temps s’inscrivent dans l’histoire.

 

      Retour sur le 11 novembre

  • En ce 11 novembre, je voudrais poser la seule question qui vaille : les 1,4 millions de Poilus qui sont morts, l’ont-ils été pour rien ? On a cette vision apocalyptique qui traverse la société. Mais l’apocalypse ne résume pas l’esprit de leur combat. Ils ne sont pas morts pour rien : ils sont morts pour que vive la France.
  • Cette question se pose toujours aujourd’hui : voulons-nous que la France continue à vivre ?

 

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Rédigé par Chevenement.fr le Mercredi 12 Novembre 2014 à 12:45 |

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Sivens : les appels à la démission de Cazeneuve doivent cesser

Posté par mrc22 le 16 novembre 2014

Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, samedi 15 novembre 2014.

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 Deux semaines nous séparent maintenant du décès dramatique de Remi Fraisse. Chacun doit s’incliner devant la peine infinie de ses parents, de ses proches et de ses camarades. La mort d’un manifestant est un évènement rare qui n’a rien d’anodin et constitue évidemment une question politique.

En démocratie, le débat sur le maintien de l’ordre et la conduite des opérations est toujours légitime. Il ne doit pas pour autant dégénérer en une polémique gauchiste où l’Etat « policier » serait par définition coupable ou en une opération politique de déstabilisation d’un ministre central du gouvernement. J’invite donc les responsables politiques comme la presse à retrouver la mesure et la dignité qu’exige la situation.

Je refuse le terme de bavure pour désigner cet accident. Une enquête judiciaire est en cours, elle établira les faits, les qualifiera et dégagera les responsabilités.

Le flottement de la communication gouvernementale au cours des 24 premières heures ne justifie pas la chasse à l’homme dont est victime Bernard Cazeneuve. Etre Ministre de l’Intérieur est une tâche très difficile, doublement dans un gouvernement de gauche. Je tiens à l’assurer de tout mon soutien et je salue son sens des responsabilités et son souci de la clarté.

La France est un pays de liberté et aussi un pays de conflits économiques, sociaux et politiques. Au croisement des libertés et de l’expression des revendications, l’Etat se doit d’assurer l’ordre public.

Cette charge difficile incombe aux forces de l’ordre qui sont régulièrement confrontées à des manifestations très difficiles voire violentes. La police assure, jour après jour, l’ordre public. Certains matériels (les grenades, les flash-balls…) méritent d’être évalués, les doctrines d’emploi également, mais les citoyens français doivent être convaincus de la fiabilité et du dévouement des hommes et des femmes qui constituent la police républicaine.

jean-luc laurent

 

15/11/2014

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Forum ouvert pour les associations du département (Côtes d’Armor), 17 et 18 octobre

Posté par mrc22 le 15 octobre 2014

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«  Entre mars et juin derniers, vous avez pu suivre, de près ou de loin, la mise en place d’un projet de rencontres départementales de la vie associative.
Ce temps de travail vient de se traduire par l’organisation d’un grand forum de débats les 17 octobre (de 14h à 19h) et le 18 octobre (de 9h à 17h30), ouvert aux responsables et bénévoles des associations des Côtes d’Armor, des personnels des administrations publiques et des collectivités, des élus départementaux et locaux, autour d’une alerte :

Voir le dépliant de programmation et d’inscription de ces rencontres départementales

 

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« L’action de la gauche a participé au désarroi français »

Posté par mrc22 le 1 septembre 2014

Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé à « Marianne », le 28 août 2014. Propos recueillis par Eric Conan.

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Marianne : Vous avez publié peu avant l’élection présidentielle de 2012 La France est-elle finie ? (Fayard). Deux ans après la victoire de François Hollande la question se pose plus que jamais vue la situation très inquiétante de notre pays. Ne faut-il pas ajouter une autre question – la gauche française est-elle finie ? – étant donné ce mélange de panique et d’impuissance dont elle fait preuve, qu’il s’agisse de la dernière crise du gouvernement Valls ou de l’ambiance délétère régnant au Parti socialiste qui se réunit ce week-end à La Rochelle ?
Jean-Pierre Chevènement : Ces soubresauts étaient prévisibles mais ce n’est que l’écume des choses. Aucun redressement n’est possible sans une prise de conscience beaucoup plus profonde. Car le désarroi français vient de très loin. Je le résumerai ainsi : nous ne savons plus qui nous sommes. A cette désorientation intime, l’action des gouvernements de gauche depuis trente ans n’est malheureusement pas étrangère. Me revient un propos de François Mitterrand prononcé sur le ton de la confidence, en 1979, à la veille du Congrès de Metz : « Nous sommes d’accord sur tout, Jean-Pierre, à une différence près : je ne crois pas qu’à notre époque, malheureusement, la France puisse faire autre chose que de passer à travers les gouttes ». Hubert Védrine, dans un remarquable ouvrage [1], a fort bien décrit le changement de paradigme opéré, de 1983 à 1985, par François Mitterrand et par le Parti socialiste à sa suite : substituer à un dessein national de transformation sociale l’ambition de « construire l’Europe », fût-ce sur la base du néolibéralisme qui triomphait alors dans le monde anglo-saxon. Là est la racine du mal : l’abandon de notre Etat stratège et la profonde désindustrialisation du pays.

 

François Mitterrand n’était pas cet acteur politique que continue de vénérer le Parti socialiste ?…
Il avait vécu l’effondrement de la France en 1940, produit de notre affaissement démographique, économique et surtout moral après 1918. François Mitterrand qui avait mesuré, à Vichy en 1941-42, les impasses de la « France seule », était persuadé, dès 1943, que l’hégémonie des Etats-Unis bornerait, désormais, notre horizon historique. Comme pour beaucoup de Français, « l’Europe à Six » pouvait lui apparaître comme une « France en grand ». C’était une erreur de perspective : l’Allemagne, divisée, voyait d’abord dans une Europe appuyée sur les Etats-Unis le moyen de refaire son unité. Mais c’était un pari jouable sur l’idée d’une Europe un jour capable d’exister par elle-même. Après l’effondrement de l’URSS, François Mitterrand eut le bon réflexe de proposer une Confédération incluant la Russie. Idée rejetée avec force par les Etats-Unis et par les pays anciennement membres du pacte de Varsovie : l’élargissement se fit donc avec ceux-ci. D’où cette Union européenne non seulement ouverte à tous les vents mais à la fois « germanocentrée » et sous influence américaine. Que s’est-il produit dans l’histoire de la gauche pour qu’elle soit passée si rapidement avec Mitterrand de l’extrême volontarisme des années 70 – avec le Programme commun – au suivisme néo-libéral actuel ?
Ce fut le choix d’une toute petite élite de socialistes libéraux dont le grand architecte fut Jacques Delors. L’histoire de ce grand retournement du PS dans la décennie 1983-93 a bien été décrite dans l’ouvrage d’un professeur d’économie à Harvard, RAWI Abdelal [2] que je vais citer pour éviter d’avoir à me citer moi-même [3]. Il montre que c’est Delors qui a été en 1985 à l’initiative de la complète libéralisation des mouvements de capitaux non seulement à l’intérieur de l’Europe mais vis-à-vis des pays tiers. C’était un retournement historique de la position de la France. Le branle ayant été donné, le représentant de la France au sein de l’OCDE, M. Chavranski, a fait prévaloir en 1989 la codification de la libération des mouvements de capitaux entre les pays développés. Abdelal éclaire le donnant-donnant franco-allemand : après avoir obtenu la libéralisation des mouvements de capitaux, le chancelier Kohl a levé son veto à la mise sur orbite de la monnaie unique. Jacques Delors, écrit Abdelal, « a su imposer à travers l’Acte Unique les règles les plus libérales qu’on puisse imaginer. La suppression du système dirigiste qui avait encadré l’économie française pendant quarante ans donna lieu - je cite toujours Abdelal – avant mars 1983 à une discussion qui apparaît rétrospectivement comme une lutte pour l’âme du socialisme français ». Abdelal montre que le choix d’accrocher définitivement le franc au mark en mars 1983 a entraîné toute la politique de libéralisation ultérieure. Et voilà pourquoi votre fille est muette, suis-je tenté de dire aux socialistes qui s’interrogent aujourd’hui sur « la mort de la gauche ». Ils devraient faire des lectures du livre d’Abdelal à La Rochelle !

Une légende de gauche s’accroche pourtant au rôle de la droite des années 80 et 90 dans la dérégulation et les privatisations…
C’est l’inverse : Rawi Abdelal montre que la droite française n’aurait pas osé lever les contrôles sur les opérations en capital. Comme le dit Pascal Lamy : « Lorsqu’il s’agit de libéralisme, il n’y a plus de droite en France. … La gauche devait le faire, parce que ce n’est pas la droite qui l’aurait fait ». Cette ardeur à surpasser la droite s’explique, selon Abdelal, par le souci de « gagner en crédibilité » : « Ces socialistes libéraux étaient mus par le souci de se doter d’une identité politique attrayante et d’un profil moderne, compétent, tranchant avec « l’archaïsme de la gauche traditionnelle » ». La « parenthèse » libérale ouverte en 1983 ne s’est jamais refermée et le PS n’a jamais remis en cause le parti pris ultralibéral qui est au cœur des traités qu’il a élaborés et votés depuis près de trois décennies. Et pour cause ! La globalisation a été voulue par les Etats-Unis mais elle a été codifiée par des Français !

La paralysie de François Hollande viendrait donc plus de cet héritage idéologique dans lequel il a toujours baigné que de cette incapacité à décider qui lui est reprochée ?
Il n’y a pas lieu de faire un reproche particulier à François Hollande d’avoir renié son fameux discours-programme du Bourget : tous les présidents de la République, depuis Maastricht, se sont empressés d’oublier le programme sur lequel ils s’étaient faits élire : Jacques Chirac, inspiré par Philippe Seguin, voulait, en mars 1995, « réduire la fracture sociale » : six mois après, c’était, à la requête du Chancelier Kohl, l’annonce du « Plan Juppé ». En 2002, le PS a préféré attribuer son échec à la dispersion des voix de gauche au premier tour que s’interroger sur ses causes profondes et d’abord sur le vide du projet porté par son candidat. Nicolas Sarkozy, inspiré par Henri Guaino, voulait, en 2007, rassembler sur la République. Rarement Président divisa-t-il autant les Français. Il voulait « aller chercher la croissance avec les dents ». Il se les y est cassées. Certes, la conjoncture ne lui a pas été favorable, le capitalisme financier libéralisé lui étant tombé sur la tête, mais il s’en était fait, comme les autres, le thuriféraire !

Les malheurs français résulteraient donc de la fidélité de François Hollande à François Mitterrand ?…
Non, car même si François Mitterrand avait pronostiqué « Après moi, il n’y aura plus de grand Président… Il y aura l’Europe », je crois qu’il n’aurait jamais accepté que l’Europe se fasse contre la France : à une situation intenable comme celle d’aujourd’hui, il aurait cherché des portes de sortie, bref une autre Europe… L’orthodoxie allemande met l’Europe dans l’impasse. Le peuple français sent tout cela. Il constate l’impuissance, la duplicité et l’incapacité de ses élites à le sortir du piège dans lequel elles l’ont précipité à grand renfort de promesses illusoires et mensongères [4].

L’ennui est que ceux qui veulent sortir du « carcan européen » s’en servent souvent pour négliger de réelles faiblesses et de sérieux retards français qui ne lui doivent rien… 
En effet le carcan européen n’explique pas tout. La France a perdu les rentes de situation qui étaient les siennes à l’époque de la Guerre froide. La classe ouvrière était alors mieux considérée : le communisme faisait peur. Aujourd’hui, le capitalisme financier s’est installé avec le chômage, la libération des capitaux et l’exploitation de la main d’œuvre à bas coût, avec l’ouverture de la Chine communiste aux multinationales et l’élargissement à l’Est de l’Europe. De nombreux pays qu’on dit « émergents » maîtrisent la science et la technologie aussi bien que nous. Jadis dominés, mais mus aujourd’hui par une ambition conquérante et le désir d’effacer les humiliations du passé, ils nous obligent à élever nos capacités de travail, à combattre l’assistanat, à moderniser notre « Etat social ».

Mais ces défis nécessaires pouvaient-ils être relevés sous le joug d’une monnaie asphyxiant notre croissance, et par l’abandon d’un « Etat stratège » qui avait fait ses preuves ? La crise dans laquelle nous nous débattons depuis 2008, hélas, fournit la réponse. François Hollande a eu raison de suivre les recommandations du rapport Gallois faisant de la reconquête de notre compétitivité l’axe central de notre politique. Mais peut-on y parvenir par la voie de dévaluations internes (baisse des salaires, des pensions et des prestations sociales) qui enferme toute l’Europe dans une stagnation de longue durée ? L’effort, oui, à condition qu’il ait un sens !

François Hollande ne parvient pas à convaincre les Français du sens de sa politique, au point qu’ils l’éliminent de leur intention de vote d’un premier tour de présidentielle…
Le sondage de l’IFOP publié par Marianne donnant 26 % des voix à Marine Le Pen au premier tour en 2017 n’a pas eu l’écho qu’il mérite. Mais à deux ans et demi de l’élection, l’élimination du candidat de la gauche par Nicolas Sarkozy au premier tour n’est nullement avérée. Par contre, la probabilité d’un duel opposant Marine Le Pen à un candidat de l’UMP ou du PS au deuxième tour est forte. Elle ne sera pas élue mais elle peut hisser le Front National à un niveau impressionnant. Cela signifie que si le candidat qui l’emportera au deuxième tour, qu’il soit PS ou UMP, n’est pas un candidat de salut public, capable de changer la donne en profondeur, le FN s’installera partout et se trouvera en mesure de dicter sa loi.

Pour faire face, la gauche doit, par la voie monétaire mais aussi par des réformes sans tabou, rétablir la compétitivité de la France. C’est en renversant sa hiérarchie des priorités et en revenant à la tradition de l’indépendance nationale que la France pourra donner toutes ses chances à l’idée d’une « Europe européenne » et redevenir un pont entre les pays émergents et l’Occident. Cela passe par un nouveau patriotisme français. Nos élites, dont l’avidité est devenue le principal ressort, peuvent-elles retrouver la patrie ? Et notre peuple, emporté par le vent de l’hyper-individualisme, peut-il sortir de son repliement pour renouer avec l’idée d’un dessein collectif ?

Vous avez l’air d’en douter… Pourquoi restez-vous si minoritaire alors que ces dernières années vous ont plutôt donné raison, qu’il s’agisse de l’Europe, de l’euro, de la diplomatie, de l’insécurité ou du désastre scolaire ?

C’est parce que j’étais en avance sur beaucoup de sujets que je suis resté minoritaire ! J’ai essayé de peser sur la politique du PS, de l’intérieur pendant vingt-neuf ans, puis de l’extérieur depuis 1993. Je ne renie rien des batailles menées au gouvernement ou hors du gouvernement, sur la recherche, l’industrie, l’école, la défense, la police de proximité, l’intercommunalité, l’accès à la citoyenneté des jeunes issus de l’immigration, ou bien contre la guerre du Golfe ou le projet de Constitution européenne. Elles ont fourni des repères à la conscience collective et sont loin d’être terminées : je crois à la force des idées.

Ceux qui m’ont combattu depuis trente ans l’ont toujours fait comme si la tradition républicaine que je maintenais était synonyme de « repli national » ou autres fariboles. Ceux qui ne veulent pas entendre parler de nation sont bien souvent ceux qui ne veulent pas entendre parler de démocratie. Ils ne comprennent pas que seul un sentiment d’appartenance partagé peut fonder l’acceptation de la loi de la majorité par une minorité de citoyens. Mais la nation républicaine n’a qu’une définition politique : c’est la communauté des citoyens. Elle ne s’oppose nullement à l’idée d’une Europe des peuples et à des délégations de compétences à un niveau supranational, dès lors que l’exercice de celles-ci reste démocratiquement contrôlé.

Cette idée de la nation politique formulée en 1789 reste éminemment moderne : la situation mûrit pour que ce qui était hier considéré comme un combat à contre-courant devienne une source d’inspiration pour les générations nouvelles. La question qui se pose est de savoir si le PS, enkysté dans des choix libéraux qui l’ont conduit dans l’impasse actuelle, peut revenir au paradigme républicain…

Vous n’y croyez pas ?…
Après sa défaite de 1993, le PS n’a apporté aux problèmes du pays qu’une réponse tactique : la « gauche plurielle » où les Verts servaient d’éclaireurs et le Parti communiste de voiture-balai. Mais l’alliance avec les Verts a corrompu l’idéologie socialiste, traditionnellement ancrée dans le rationalisme et la croyance au progrès. La « gauche plurielle » n’avait pas de projet. Cela s’est vu assez vite. La seule tentative idéologiquement cohérente a été celle du think tank « Terra Nova » : substituer à l’antique définition d’un parti de transformation sociale ayant vocation à rassembler autour de lui d’abord les couches populaires, l’addition de diverses minorités dans l’espoir d’obtenir ainsi une majorité arithmétique. Cette vision s’accorde parfaitement avec les deux tendances complémentaires que sont l’hyper-individualisme libéral et la floraison des communautarismes. Triomphe idéologique de « la gauche américaine », que je voyais venir dans les années 70 ! Comment gagner une élection quand on cesse de s’adresser au peuple tout entier. La logique des partis tend à dominer l’Etat : comment expliquer autrement un projet de réforme territoriale qui ne procurera aucune économie ? Un projet aussi absurde et dispendieux que la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité ? Un projet aussi diviseur que le bouleversement du droit de la filiation ?

Je ne crois pas que le sursaut républicain puisse venir de la gauche seule. Un gouvernement de salut public qui réponde à la question fondamentale : qui sommes-nous ? permettrait seul de remonter la pente. Il n’est pas interdit d’y réfléchir dès à présent.

Que faire avec Merkel ? Comment changer cette Europe sous impérium allemand ?
Il faut retrouver le cap d’une Europe où la France et les autres pays se sentent à l’aise, de ce que le général de Gaulle appelait une « Europe européenne », définissant un intérêt général européen vis-à-vis du monde. La première condition est un changement d’échelle. L’Europe à vingt-huit n’est pas la bonne mesure : trop grande pour que s’y retrouve le centre de gravité de nos intérêts spécifiques, trop petite pour peser à l’échelle du monde, elle est économiquement dominée par l’Allemagne et géopolitiquement par le grand protecteur d’Outre-Atlantique. Elle laisse de côté ce qui est la zone d’influence naturelle de la France : la Méditerranée, l’Afrique et le Moyen-Orient.

La deuxième condition est la réforme de la monnaie unique dont j’avais dénoncé à sa création le principe vicié : elle accroît l’hétérogénéité de la zone euro au lieu de la réduire. En 1982, alors que j’étais ministre de l’Industrie, Otto von Lambsdorff, ministre allemand de l’Economie, m’expliquait le déficit commercial français sur l’Allemagne (alors de 28 milliards de francs) par le fait que le SME [5] jouait le rôle d’un système de subventions à l’industrie allemande, compte tenu des taux de change et d’inflation respectifs entre les deux pays et de leurs différences de structures économiques. Depuis trente ans cela ne s’est pas arrangé : en francs courants, le déficit français sur l’Allemagne atteint 108 milliards, soit près de quatre fois plus ! La France ne doit pas laisser confondre l’idée européenne avec une politique de régression économique et sociale qui érode continûment son tissu industriel. Une vue d’homme d’Etat est nécessaire : le niveau de l’euro doit impérativement baisser d’environ 20 % pour l’économie française.

De quelle manière ?
Il est possible d’introduire une flexibilité à l’intérieur du système de l’euro sans modifier les traités. Le statut des banques centrales et de la banque centrale européenne autorise la constitution de réserves obligatoires (article 19) et d’autres instruments de contrôle monétaire (article 20). Il suffit de moduler ces instruments par pays, en instaurant par exemple des montants compensatoires monétaires (MCM) qui pourraient, le cas échéant, déboucher sur la transformation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune externe, avec des « subdivisions nationales » ajustables. Pour rendre viable ce système de monnaie commune externe il faut une forte volonté politique entre les deux nations fondatrices de l’euro : la France et l’Allemagne.

Comment imaginez-vous que l’Allemagne l’accepte ?
La France a un argument de poids qu’elle n’utilise pas : sans elle la monnaie unique ne peut exister ! Seule l’Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg, pourraient faire une union monétaire avec l’Allemagne, recréant ainsi une zone mark dont le cours ne manquerait pas de se renchérir fortement. L’eurofranc flotterait entre l’euromark et le dollar, tout comme la livre britannique. Mais la France maintiendrait sa proposition de créer avec l’Allemagne et les autres pays volontaires un euro « monnaie commune externe » : ainsi une identité monétaire européenne viable serait-elle préservée. Cette mutation pourrait se faire plus facilement en période de crise, si elle avait été préparée, au préalable, par des conversations approfondies.

Sans partenaire actif, la pente de l’Allemagne est d’imposer son orthodoxie à l’Europe tout en y relayant la politique des Etats-Unis. A la France de défendre l’idée d’une « Europe européenne » pour qu’alliance américaine ne rime pas avec vassalité. Tel est à long terme l’intérêt de l’Europe, y compris de l’Allemagne. L’idéologie a gangréné l’héritage du gaullisme : l’invocation des droits de l’Homme sert de paravent à une politique d’ingérence qui va au-delà même de l’alignement sur celle des Etats-Unis : sur la Lybie, sur la Syrie, sur Gaza, sur l’Iran, on peut se demander si la France, aujourd’hui, ne se situe pas bien souvent « à l’Ouest de l’Ouest »

Que faire avec Poutine ? La crise ukrainienne a été l’une des rares occasions d’accord entre partenaires européens…
Oui, mais de la pire manière : en plaçant l’Ukraine devant un choix impossible entre l’Europe et la Russie ! Cette faute à ne pas commettre, nous l’avons commise, à la traîne des autres Européens et, surtout, des Etats-Unis qui excitent certaines forces qui n’ont pas besoin de l’être. En 1998, le toujours influent Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller de Jimmy Carter, écrivait dans Le Grand échiquier que « le seul moyen d’empêcher la Russie de redevenir un Empire est de soustraire l’Ukraine à son influence ». Voilà pourquoi l’Union européenne est allée chatouiller les moustaches de l’ours russe.

La crise ukrainienne doit au contraire être l’occasion de faire reculer l’esprit de Guerre froide. Mais au lieu de chercher un compromis sur la création d’un espace de libre circulation commun à l’Europe, à la Russie et à l’Ukraine en faisant de celle-ci un pont entre l’Europe et la Russie, l’Europe a soutenu le mouvement de Maïdan, la destitution du Président Ianoukovitch contraire à la Constitution et aux accords qu’elle avait elle-même parrainés le 21 février 2014 ! Ainsi a été engagé, pour le seul bénéfice des Etats-Unis, un bras de fer avec la Russie, contreproductif pour les deux parties.

Politique de bras de fer qui sied aussi à Poutine…
Est-il raisonnable de méconnaître le fait que l’Etat russe a été depuis le milieu du XVIIIe siècle et reste aujourd’hui une puissance mondiale majeure ? Est-il sensé de vouloir défaire les synergies existantes en matière économique entre l’Ukraine et la Russie ? Vouloir exporter à toutes forces nos « critères », nos « standards », nos « valeurs », bref notre idéologie des « droits de l’Homme » vers l’Ukraine et vers la Russie est une forme de nationalisme condescendant qui n’est pas sans rappeler l’état d’esprit qui prévalait dans les « Empire centraux » avant 1914. Il serait temps de s’aviser que l’URSS a disparu, que la Russie actuelle, quels que soient ses défauts, n’est pas un « Etat voyou » mais une grande nation qui porte légitimement un projet national de modernisation et entend être internationalement respectée. C’est une erreur majeure de vouloir construire l’Europe contre la Russie : sans elle il manquerait quelque chose d’essentiel à l’Europe et celle-ci demeurerait un protectorat américain. Notre pays, de par son Histoire, est le mieux placé pour le comprendre et le dire. Or, la France, qui avait un moment cherché à rapprocher Poutine et Porochenko, ne fait pas suffisamment entendre une voix distincte, alors que la relation franco-russe a toujours été un élément essentiel de l’équilibre européen. La France trouverait des alliés, y compris en Allemagne, si elle prenait le parti d’une « Europe européenne », étendue à la Russie. Naturellement cela demande de l’imagination et de l’audace…

Source : Marianne

—————–
[1] Hubert Védrine, Les mondes de François Mitterrand, 1996, Fayard.
[2] Un chapitre de son livre Capital Rules, très documenté, a été reproduit dans la Revue Champ libre sous le titre « Le consensus de Paris ».
[3] Jean-Pierre Chevènement, La France est-elle finie ? Fayard, 2011
[4] Lire à cet égard Le Bêtisier de Maastricht, Jean-Pierre Chevènement, Editions Arléa, 1993.
[5] Système monétaire européen.

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Pour l’avenir de la gauche et de la France, sortir de l’austérité et de la déflation

Posté par mrc22 le 25 août 2014

Communiqué de Jean-Luc Laurent, Président du MRC et député du Val-de-Marne, lundi 25 août 2014.

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Le Président de la République a demandé au Premier Ministre de constituer un nouveau gouvernement pour mettre en œuvre les orientations de la politique qu’il a fixée. C’est sa responsabilité institutionnelle.

La mise à l’écart du Ministre de l’Economie est une mauvaise nouvelle. Arnaud Montebourg a raison de critiquer la politique qui est conduite et qui a pris congé du discours du Bourget. Les Français qui se sont mobilisés pour le programme du candidat Président se sentent aujourd’hui orphelins.

Depuis deux ans, le Mouvement Républicain et Citoyen ne cesse de mettre en garde l’exécutif contre le risque de déflation induit par les politiques d’austérité menées simultanément sur l’ensemble du continent européen. En abandonnant l’engagement de la renégociation du traité européen négocié par Nicolas Sarkozy, le gouvernement a fait primer l’équilibre des comptes et l’objectif de 3% de déficit sur le redressement de l’appareil productif, le soutien aux ménages, la croissance et l’emploi. Le MRC a toujours considéré que la politique de réduction excessive des déficits et de la dépense publique, imposée par l’Allemagne et par le TSCG, était une politique sans chances.

Croissance nulle, chômage record, investissements et production industrielle en baisse : les derniers chiffres économiques, qui concernent la France tout autant que les autres pays de la zone euro, y compris l’Allemagne, confirment qu’il y a urgence à changer de cap. Le Président de la République et le Premier Ministre doivent entendre cette nécessité de réorientation radicale de la construction européenne et de lutte contre l’euro trop cher. C’est l’intérêt de la France et de l’Europe que de remettre en cause les politiques d’austérité.

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Chevènement: « Un retour aux fondamentaux républicains est nécessaire en France »

Posté par mrc22 le 7 août 2014

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Boycotter les européennes, un acte politique

Posté par mrc22 le 24 mai 2014

Par Bastien Faudot, Secrétaire national aux élections, jeudi 22 mai 2014.

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Il ne va pas de soi, pour un parti républicain, d’appeler les citoyens à bouder les urnes. C’est pourtant ce qu’a choisi le MRC à l’occasion des élections européennes qui se dérouleront le 25 mai prochain.

Car il semble nécessaire de revenir aujourd’hui à quelques fondamentaux pour justifier ce qui semble injustifiable a priori. A quoi servent les élections dans une démocratie ? Elles servent à désigner des représentants et à leur donner toute la force de légitimation nécessaire pour agir au nom de ceux qui les ont mandatés. La démocratie, comme mode d’organisation et comme instance de légitimation de la décision politique, veut dire souveraineté du peuple. Cette question n’est pas morale mais pratique : aucun choix politique, de surcroit en période de crise, ne saurait être efficace s’il n’est pas adossé à l’expression du corps des citoyens.

Dans le champ démocratique normal, l’abstention n’est pas une option : les absents ont toujours tort. Le suffrage universel fut une conquête dans l’histoire politique dont les Républicains, par définition, ne peuvent que se sentir redevables.

Mais c’est précisément parce que les élections européennes ne relèvent plus du champ démocratique normal que l’option du boycott du scrutin redevient pensable et même souhaitable. Car l’Union européenne est, depuis sa naissance, en dehors de tout processus démocratique. Maastricht, le traité constitutionnel et le pacte budgétaire européen ont été autant d’étapes décisives qui ont été engagées malgré les peuples, et souvent contre eux. Ce déni de souveraineté constitue un aveu stupéfiant : le suffrage universel est reconnu par les élites dirigeantes si et seulement si sa réponse est conforme aux préconisations de celles-ci. Dans les faits, le régime politique de l’Union européenne constitue une forme plus ou moins aboutie d’aristocratie, au sens étymologique du terme : le gouvernement est aux mains d’un petit nombre de personnes (les « meilleurs ») en raison de leur naissance, de leur fortune ou de leur qualification. Cette technostructure n’a de compte à rendre à personne. Et c’est à elle qu’ont été progressivement transférées la souveraineté monétaire puis la souveraineté budgétaire…

 

Cette abdication est le produit d’une histoire qui a été le principal point de rencontre pour tous les libéraux de gauche comme de droite qui font régulièrement appel à quelques figures tutélaires communes parmi lesquelles Jean Monnet, Jacques Delors ou encore Pierre Mendès-France. Je recommande d’ailleurs vigoureusement la lecture du discours de ce dernier pour rendre raison de son opposition au traité de Rome en janvier 1957. Ce fait est régulièrement « oublié » de ceux qui se prévalent pourtant de l’héritage de Pierre Mendès-France :

« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale. »

Le retournement de l’histoire est tel que ce sont précisément les prétendus démocrates, sociaux-démocrates à gauche ou démocrates-chrétiens à droite, qui tentent aujourd’hui de culpabiliser le citoyen récalcitrant ! Ce sont ceux-là même qui ont piétiné sans vergogne et à plusieurs reprises le choix des citoyens qui leur reprochent aujourd’hui de ne pas daigner se rendre aux urnes. Mais pour quelles raisons les citoyens viendraient-ils offrir sur un plateau un semblant de légitimité à un parlement dont ils savent d’expérience qu’il n’y a rien à attendre ? Les peuples européens, et singulièrement le peuple français, connaissent les vrais lieux de décision politique en Europe. La commission européenne, la cour de justice européenne et la banque centrale de Francfort détiennent les principaux leviers du pouvoir. Ce sont elles qui rédigent les directives, surveillent les budgets, disent le droit et fixent les orientations de politique économique et monétaire.

Dans l’agrégat institutionnel européen, le parlement de Strasbourg est une simulation de démocratie représentative. Malgré les affirmations désespérées de quelques europhiles aveugles, il ne détient pas le pouvoir législatif pour la simple raison qu’il ne détient pas l’initiative en matière législative dont la commission a le monopole. En matière budgétaire, s’il vote les dépenses, il n’a aucun contrôle du volet recettes. Ironie de l’histoire, son rôle est aujourd’hui réduit à celui de la Douma du temps de l’Union soviétique : le corps législatif a un pouvoir formel, c’est-à-dire une apparence de pouvoir. Puisqu’il faut être précis, l’impuissance du parlement européen est compilée dans l’article 225 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne qu’il suffit ici de citer pour prendre toute la mesure l’illusion : « Le Parlement européen peut, à la majorité des membres qui le composent, demander à la Commission de soumettre toute proposition appropriée sur les questions qui lui paraissent nécessiter l’élaboration d’un acte de l’Union pour la mise en œuvre de la Constitution. Si la Commission ne soumet pas de proposition, elle en communique les raisons au Parlement européen. » CQFD.

On ne peut pas se satisfaire de réduire le vote à un rendez-vous quinquennal devant les urnes. Encore convient-il de se préoccuper des règles du jeu qui président à son organisation. De ce point de vue, le scrutin des européennes est un OVNI : 8 grandes circonscriptions qui ne signifient rien pour quiconque. Qui connaît seulement ses députés européens ? Qui sait quoi de leur action, de leur positionnement politique ? Quelle lisibilité politique offre un scrutin qui verra 25 à 30 listes candidates dans chacune de ces circonscriptions ?

Le boycott auquel s’est résolu le MRC est un acte de pédagogie et de courage politique. Lorsque la règle du jeu est viciée, il faut avoir l’audace et la volonté de la dénoncer. Le décalage qu’il y a entre les véritables enjeux économiques et sociaux auxquels sont confrontés les peuples européens d’une part, et le simulacre des élections européennes d’autre part, ne fait qu’aggraver l’incompréhension entre les citoyens et leurs représentants. L’urgence, dans la crise politique et morale que nous traversons, consiste à restaurer l’autorité et la capacité d’action du politique, pas à consacrer son impuissance au terme d’un scrutin pour rien.

Le bulletin de vote est un instrument qui doit être producteur d’histoire, de décisions, d’orientations politiques qui ont un impact sur la réalité. Voter aux élections européennes, c’est octroyer au parlement européen le prestige d’une légitimité qu’il ne mérite pas.

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Par Bastien Faudot, Secrétaire national aux élections, jeudi 22 mai 2014.

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Parlement européen: cette élection dérisoire se fera sans nous…

Posté par mrc22 le 7 mai 2014

 

Communiqué de Jean-Luc Laurent, Président du MRC et député du Val-de-Marne, vendredi 2 mai 2014.

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Le Mouvement Républicain et Citoyen ne présentera pas de candidats aux élections européennes et appelle les citoyens à les boycotter en s’abstenant de voter le 25 mai. Les questions européennes sont fondamentales, comme l’ont montré les deux campagnes référendaires de 1992 et 2005 pour lesquelles nous avons répondu présents et activement participé avec Jean-Pierre Chevènement. En 2012, les parlementaires du MRC se sont opposés au traité européen « TSCG » pour signifier leur opposition à cette Europe de la régression, de l’austérité budgétaire et du carcan monétaire que constitue la monnaie unique.

Tous les cinq ans revient ce scrutin dérisoire pour l’élection des députés français au Parlement Européen. Tous les cinq ans revient la même campagne de communication pour « vendre » aux citoyens ce Parlement sans peuple. Cette année, c’est le simulacre de débat européen entre les eurocrates interchangeables Schulz et Juncker qui doit déplacer les foules…

En France, cette élection est devenue totalement incompréhensible depuis la suppression de la circonscription unique nationale en 2004 au profit d’inter-régions ne correspondant à rien. L’an dernier, les députés du Mouvement Républicain et Citoyen ont proposé d’en finir avec ce mode de scrutin mais les grands partis, qui utilisent ce scrutin comme une opération de ressources humaines, ont refusé ce choix de bon sens.

 

Notre appel au boycott est un « non » républicain de résistance. Le MRC a deux convictions: il est impératif de réorienter radicalement la construction européenne mais cela ne se passera pas au Parlement européen. Le passage d’un euro monnaie-unique à un euro monnaie commune ne se fera pas au Parlement mais au Conseil. C’est la responsabilité du Président de la République de comprendre la crise de la construction européenne et de proposer des solutions à la hauteur des enjeux.

Le fédéralisme européen est mort comme idée, il survit malheureusement dans des institutions, coercitive comme la monnaie unique ou dérisoire comme le Parlement européen. Pour les cinq années qui viennent, le Mouvement Républicain et Citoyen a beaucoup idées mais pas de candidats, des propositions mais pas de listes. Nous ne serons pas muets au cours des trois prochaines semaines et ferons campagne avec ces propositions.

Nous appelons tous les citoyens à consacrer ce dimanche 25 mai à leurs proches et aux activités qui leur sont chères.

 

02/05/2014

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Le rejet d’une politique de déflation en France et en Europe

Posté par mrc22 le 3 avril 2014

Carnet de Jean-Pierre Chevènement

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Les électeurs ont exprimé un mécontentement qui va bien au-delà du gouvernement et du Président de la République. Ce mécontentement traduit le rejet d’une politique de déflation mise en œuvre à l’échelle non seulement de la France mais de l’Europe tout entière, au prétexte de “sauver la monnaie unique”.

L’UMP aurait tort de se réjouir excessivement des victoires remportées par ses candidats. Le même “effet essuie-glaces” qui lui bénéficie aujourd’hui la pénalisera demain car elle est incapable de remettre en question les choix néo-libéraux européens qui laminent industriellement, socialement et politiquement notre pays et étendent sur la France un jour crépusculaire. Les mêmes causes produiront les mêmes effets. Le Front National, dont la poussée est préoccupante, n’est en aucune manière une alternative. Il n’offre aucune perspective crédible. Il fait partie du système qu’il dénonce.

Pour remettre la France en selle, il faut un gouvernement de salut public capable de créer en Europe plus qu’un rapport de force, un rapport de conviction : l’Allemagne en effet n’a nullement intérêt à vouloir imposer aux autres pays une politique de déflation généralisée. Il faut changer la politique monétaire et rompre en particulier avec la surévaluation de l’euro pour faire refluer le chômage. De cela il faut la convaincre, dans son intérêt même, mais pour y parvenir il faut être soi-même convaincu.

¤

Rédigé par Jean Pierre Chevenement le 30 Mars 2014 à 21:11

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Censure de la proposition de loi Florange: le droit a bon dos…

Posté par mrc22 le 29 mars 2014

Communiqué de Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne et 1ere vice-présidente du MRC, jeudi 27 mars 2014.

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Le Mouvement Républicain et Citoyen déplore la censure par le Conseil Constitutionnel des dispositions constituant le socle de la proposition de loi Florange, notamment l’obligation pour les entreprises réalisant des bénéfices d’accepter une offre de reprise lorsqu’elle est sérieuse et infligeant des pénalités en l’absence de motif légitime de refus.

Alors que le Parlement avait veillé à l’équilibre entre la liberté d’entreprendre, le droit de propriété et le droit à l’emploi, le Conseil a choisi de faire usage du pouvoir de plus en plus large qu’il se reconnait pour substituer son appréciation à celle du législateur. Or si le droit est prévisible et avait en l’espèce été pris en compte, l’appréciation de la réalité économique est pour le moins variable.
On ne s’étonnera pas que les juges de la rue de Montpensier usent et abusent d’une conception unilatérale de l’intérêt de l’entreprise qui, pour eux, se confond avec celui de l’actionnaire au mépris de toute protection juridique de l’emploi industriel. On peut simplement se demander si tout cela est vraiment fait au nom du droit.

Il est de coutume, lorsqu’une loi sensible est censurée par le Conseil constitutionnel, de crier à la censure politique, de dénoncer le poids de l’idéologie dans les décisions de cet organe dont l’indépendance n’est pas assurée. Le MRC préfère appeler de ses voeux une réforme qui remettrait l’intérêt général au centre du jeu en ne laissant pas le dernier mot à une justice constitutionnelle qui ne représente pas le peuple souverain.

 

27/03/2014

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